Qu’avons-nous à apprendre de l’édition 2021 de l’US Open ?

antoni girod Publié par Antoni Girod
US OPEN Crédit photo © Sportsnet, Sky Sports, NBC News, News24

Cette année nous avons assisté à une édition absolument historique de l’US Open ! Dans le tableau féminin, c’est la 1ère fois depuis 1999 que deux teen agers Emma Raducanu 18 ans et Leylah Fernandez 19 ans accèdent à une finale de Grand Chelem.

La dernière fois c’était également la plus jeune Serena Williams 18 ans qui avait gagné contre Martina Higgins 19 ans. Et c’était aussi pour l’américaine sa 1ère victoire en Grand Chelem. Elle en compte aujourd’hui 23 ! Ce qui est le plus remarquable dans la performance d’Emma Raducanu, c’est que la jeune championne britannique a réussi l’exploit de sortir des qualifications pour finir par remporter le tournoi sans jamais perdre un seul set !

Dans le tableau masculin, le moment était encore plus historique pour Novak Djokovic qui avait deux challenges à relever pour définitivement entrer dans la légende. Le 1er : gagner un 21e titre du Grand Chelem et ainsi dépasser Federer et Nadal. Le 2: remporter dans la même année calendaire l’Australian Open, Roland Garros, Wimbledon et l’US Open et ainsi devenir le 1er joueur à réaliser le Grand Chelem depuis Rod Laver en 1969. Pour son adversaire Daniil Medvedev, vainqueur du Masters 2020 mais ayant échoué par deux fois en finale à l’US Open 2019 et à l’Australian Open , le challenge était de remporter son 1er Grand Chelem pour entrer dans l’histoire du tennis.

Dans un sport de compétition individuel comme le tennis, la pression joue un rôle important. Et elle était de nature totalement différente dans les deux finales.

Pour les deux « rookies » Emma Raducanu et Leylah Fernandez, la pression était positive car l’une comme l’autre n’avaient rien à perdre et tout à gagner. Elles ont donc joué leur jeu à fond avec l’inconscience de la jeunesse sans trop réfléchir à l’enjeu. La prochaine étape pour Emma Raducanu sera de voir comme elle va gérer son nouveau statut et son exposition médiatique pour rester concentrée sur ce qui lui a permis de remporter son 1er titre et devenir une « serial winner ».

Pour Djokovic habitué à la pression des finales à enjeu et passé maître dans l’art de retourner les situations les plus compromises pour finalement gagner, la pression de l’Histoire a sans doute pesé très lourd dans l’issue de la finale. Les statistiques ne mentent pas : en demi-finale contre Zverev, il n’avait commis que 28 fautes directes en 5 sets. En finale il en a fait 38 en 3 sets ! Sa nervosité était palpable dès le début lorsqu’il a fracassé sa raquette après avoir perdu un point lors du jeu et plus tard également lorsqu’il a failli frapper une ramasseuse de balle dans un geste de colère après un autre point perdu. Sans minimiser la performance de son adversaire, il a été loin de livrer un de ses meilleurs matchs. Nul doute qu’il va rebondir et transformer cet échec en tremplin pour remporter d’autres tournois du Grand Chelem !

Medvedev a su quant à lui tirer les leçons non seulement de ses deux finales perdues mais aussi de sa victoire au Masters pour faire preuve de persévérance dans sa quête et après deux doubles fautes sur ses deux premières balles de match, il a fini par trouver le moyen de transformer la pression en énergie positive pour remporter son 1er Grand Chelem. Avec son talent, son expérience du haut niveau et ses qualités de « Chess Master » il va certainement s’installer dans les années qui viennent comme le chef de file de la nouvelle génération du tennis masculin et devenir à son tour un vainqueur en série.

Que pouvons-nous apprendre de ces deux finales de l’US Open 2021 ? Et que pouvons-nous transposer dans le domaine de la vente ?

Tout comme les sportifs de haut niveau les commerciaux sont en compétition permanente et doivent faire constamment face à la pression des résultats. Pour un commercial junior, l’inconscience des débuts et la confiance aveugle de la jeunesse peuvent permettre d’aborder les rendez-vous à enjeu sans pression et de signer de gros contrats sans trop se poser de questions. Il faudra veiller à ce que ce ne soit pas une victoire one shot mais qu’elle débouche sur une constance dans les résultats. Pour un commercial plus expérimenté habitué à signer des contrats de taille moyenne mais qui échoue régulièrement quand il s’agit de signer des gros contrats, sa capacité à être résilient, à persévérer, à continuer à travailler dur et à progresser constitue sans nul doute la clé pour signer son premier « Grand Chelem». Enfin pour un serial winner de la vente habitué à signer de gros contrats, face au contrat du siècle la pression peut être telle qu’il peut passer complètement à côté de son rendez-vous de soutenance. Il faudra alors se servir de cette expérience pour la transformer en levier de succès futurs et continuer sa marche vers les sommets.

Pour conclure, je dirais qu’il est toujours possible de balayer cette notion de pression par une phrase que les ados utilisent souvent :

La pression c’est pour les pneus !

Mais la pression dans le sport de haut niveau tout comme dans le business est bien réelle. La bonne nouvelle c’est que l’expérience, la persévérance, la qualité de la préparation et la constance dans l’analyse des victoires et des défaites permettent d’apprendre à la gérer et à la transformer en énergie positive !

Je vous souhaite le meilleur pour vos prochains Grands Chelems !

Crédit photo © Sportsnet, Sky Sports, NBC News, News24.


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